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01
Nov
Date de publication
Écrit par Binta
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Catégorie : Mariages

Belles-filles arrivistes, belles-mères possessives

« Tout mon souhait est d’avoir un mari qui vit loin des deux parents », a déclaré une jeune fille lors d’une causerie. Une autre réplique en disant qu’elle a parfaitement raison parce qu’elle vit un enfer avec sa belle-mère qui lui rend la vie impossible. Vieille belle-mère envieuse, possessive, jalouse, avide ; belle-fille arriviste, intrigante, profiteuse, que ce soient les belles-mères ou les belles-filles, chacune a une étiquette malpropre que l’autre lui colle pour justifier son caractère. Réalité naturelle ou pure rivalité ? (c’est selon). Les rapports entre les belles-mères et leurs belles-filles sont souvent tristes. Tristes pour la maman, l’époux, l’épouse et même pour toute la chaîne familiale.



En effet, combien de mariages n’ont pu être scellés, combien de divorces ont été consommés, combien de relations ont dû s’écourter, combien de couples ont dû quitter la cour familiale, à cause de cette atmosphère invivable entre la belle-mère et sa belle-fille ? Selon des psychologues, cet état de fait peut être lié à l’égoïsme. Chacune des deux voulant garder l’homme pour elle seule. L’une pour l’amour maternel et l’autre pour l’amour à deux.

Cela est-il exact ? Mais d’aucuns disent qu’il s’agit tout simplement d’une expansion de mauvais comportements. Cette mésentente entre la mère de l’homme et sa femme se vit et est connue de toutes les sociétés. Il convient cependant de souligner qu’il s’agit toujours de la mère de l’homme et son épouse. Parce que le contraire se constate rarement.

En effet, la réussite du mariage pour la femme passe nécessairement par sa belle-famille. Mais la condition est que la belle-fille accepte de se sacrifier pour cette dernière. Pour cela, elle doit à défaut de se soumettre, être aux petits soins de sa belle-famille, en tout temps et en tout lieu et être toujours là lorsqu’on a besoin d’elle. Une double responsabilité souvent difficile à gérer. Certes, mais faut-il toujours que ces querelles se produisent entre la belle-mère et la belle-fille ?

En tout cas, les conséquences de ces mésententes sont déplorables. Des couples ont abandonné les siens pour d’autres horizons. Des femmes ont dû abandonner leur progéniture à cause de querelles avec la belle-mère. Et le train poursuit sa course. Heureusement que de plus en plus, il y a comme un début de prise de responsabilités dans certains couples. « Tu es ma mère, elle, c’est ma femme ». Mais le débat est-il clos ?

Femme : La belle-mère, une alliée ou une coépouse


Les brus et les mamans de leurs conjoints sont à couteaux tirés dans de nombreux foyers maliens. L’incompatibilité d’humeur est avérée. Et pourtant tout dans l’environnement familial africain les prédispose à l’entente.

Une "future" respectueuse est protégée bec et ongles par la mère de la fiancée. La belle n’a plus d’yeux que pour cette fille "éduquée, simple". Gare à son fils s’il ose choisir comme épouse une autre femme que la généreuse complice de "Mâ". Une fois le mariage consommé, les masques tombent.

Les deux femmes découvrent le vrai visage de l’une et de l’autre. Le doigt accusateur de "Mâ" se pointe sur la bru. Elle devient une sale usurpatrice qui lui vole son enfant.

Les cas de cohabitation houleuse entre les épouses et la mère de leur conjoint sont nombreux à Bamako et dans le reste du Mali. Le plus souvent la vie commune débute dans une certaine amitié. Mais, dans la plupart des foyers à problèmes, l’affection tourne au vinaigre pour des raisons que l’on ignore.

Confidente incontournable, conseillère, alliée, complice et même amie, avant le mariage, la belle-mère est très sollicitée par les copines de son fils. Elle galvanise son fils ou impose parfois à son fils, le choix de sa future complice pour la vie.

L’amie du fils apporte quotidiennement à "Mâ" des petits cadeaux. Lors des cérémonies de réjouissance sociale, lorsque la griotte entonne les louanges de sa belle-mère, la future belle fille distribue des billets.

La tradition cède place au modernisme. Toutes les communautés de notre société se modernisent et se développent maintenant sous l’influence de l’Occident. Les téléfilms, les CD importés accélèrent l’acculturation dans toutes les familles urbaines comme rurales.

Le cliché européen de l’incompatibilité d’humeur entre belle mère et belle fille a semé le trouble dans la relation traditionnelle de ces deux femmes dans de nombreux foyers maliens.

L’autorité sans faille des beaux-parents qui maintient les jeunes mariées sous une permanente tutelle s’émousse de jour en jour. En son temps, la soumission aux beaux-parents était de rigueur.

Mais cette autorité morale incluait un devoir de protection. En général, l’approvisionnement en condiments et en savon incombait à la belle-mère. Mais au grand dam des nostalgiques, cette Afrique-là est en train de disparaître.

Les rapports conviviaux se font de plus en plus rares. Les jeunes couples aspirent à plus de liberté. Ils sont de plus en plus nombreux à "s’arracher" dès les premières semaines de leur mariage au rituel familial.

Ils s’en vont loin des parents, loin de cette cohabitation paternaliste dans lesquels ils ne se reconnaissent plus. Cette soif de liberté ou d’individualisme a fait naître un nouvel esprit qui porte sur l’expression du moi, de l’autonomie personnelle.

Désormais, on est responsable, par rapport à soi, à son conjoint et à ses enfants. Le fils devient autant chef de famille que son père. La "révision" des rapports familiaux se développe à grande vitesse.